C'est la ville je suis né.Voici le livre dont je parle.

Qui et que couvrent le sujet et le complément d'objet direct d'une proposition. Deux autres pronoms relatifs prennent en charge deux autres emplois courants : remplace un lieu ou un temps, et dont remplace tout ce qui est introduit par de.

En bref : remplace une expression de lieu ou de temps (dans/sur/en/à + nom) ; dont remplace de + nom, quel que soit le rôle que jouait cette phrase en de.

Où : lieu et temps

remplace l'expression de lieu ou de temps qui répéterait sinon le nom déjà mentionné — dans, sur, à, en + nom, ou une expression de temps —, si bien que la proposition elle-même n'a plus besoin de préposition :

  • C'est la ville je suis né. — remplace dans cette ville.
  • Le restaurant nous avons dîné était excellent. — remplace dans ce restaurant.
  • Je me souviens du jour on s'est rencontrés. — remplace ce jour-là, une expression de temps, pas de lieu.

Ce dernier exemple est important : dans ce type de proposition relative, peut exprimer le temps aussi bien que le lieu ; on n'emploie pas quand.

Dont : tout ce qui vient après de

Dont remplace de + nom pour la plupart des rôles que cette phrase peut jouer (deux exceptions sont traitées plus loin). Trois cas fréquents :

1. La possession :

  • C'est l'homme dont la fille est médecin. — à partir de la fille de cet homme.
  • Voici la maison dont le toit est rouge. — à partir de le toit de cette maison.

2. Un verbe normalement suivi de de (parler de, avoir besoin de, avoir peur de, s'occuper de, être content de...) :

  • Voici le livre dont je parle. — à partir de je parle de ce livre.
  • C'est l'outil dont j'ai besoin. — à partir de j'ai besoin de cet outil.
  • C'est le chien dont elle a peur. — à partir de elle a peur de ce chien.

3. Un adjectif normalement suivi de de (fier de, content de, satisfait de...) :

  • Voici le projet dont je suis fier. — à partir de je suis fier de ce projet.

Dans tous les cas, le test est le même : pourrait-on reconstruire l'idée avec un simple de + nom ? Si oui, dont est le pronom à choisir — avec les deux exceptions traitées plus loin : un lieu d'origine, et un de caché dans une préposition plus longue.

En anglais, la possession se rend avec whose (the man whose daughter...), un mot séparé qui n'a rien à voir avec of. Dont fonctionne différemment : c'est le même mot pour la possession, le complément d'un verbe en de, et celui d'un adjectif en de — trois usages que l'anglais rend souvent avec des tournures distinctes (whose, that ... about, of which ... proud).

La règle la plus importante

Une fois que dont est utilisé, le de qu'il remplace disparaît complètement — il ne réapparaît nulle part ailleurs dans la proposition.

  • C'est l'outil dont j'ai besoin de lui. → ✅ C'est l'outil dont j'ai besoin.
  • Voici le livre dont je parle de lui. → ✅ Voici le livre dont je parle.

C'est l'erreur la plus fréquente avec dont — un de qui traîne (souvent déguisé en de lui/de ça/de cela) et qui double le pronom qui porte déjà ce sens.

Exception 1 : un lieu d'origine demande d'où

Dont couvre de + nom en général, mais il existe une exception bien connue : quand de marque un lieu d'où quelqu'un ou quelque chose vient physiquement (venir de, sortir de, partir de + lieu), le français emploie d'oùde accolé à — plutôt que dont.

  • C'est la ville d'où je viens. — pas ❌ C'est la ville dont je viens.
  • Le tiroir d'où sort ce bruit...

Dont fonctionne toujours très bien pour un complément en de qui n'a rien à voir avec une origine physique, même quand l'antécédent est un lieu :

  • C'est le pays dont il est originaire.originaire de est le complément en de d'un adjectif, pas venir de + lieu, donc dont convient bien ici.

Le test de la section précédente a donc besoin d'un ajustement : une phrase en de qui nomme un point de départ physique demande d'où, pas dont.

Exception 2 : dont jamais après une préposition plus longue

Dont ne remplace qu'un de simple, isolé. Il ne peut pas s'employer quand de est la fin d'une préposition composée plus longue — à côté de, près de, au sujet de, à cause de, et autres du même genre. Il faut alors duquel/de laquelle/desquels/desquelles (ou de qui pour une personne) :

  • C'est la personne dont je me suis assis à côté. → ✅ C'est la personne à côté de qui je me suis assis.
  • Voici le sujet dont on a parlé au sujet. → ✅ Voici le sujet au sujet duquel on a parlé.

Cette combinaison est un sujet à part, plus avancé — l'essentiel à retenir ici, c'est que dont est réservé à un de simple, pas à celui caché dans une préposition plus longue.

Erreurs fréquentes

  • C'est l'outil dont j'ai besoin de lui. → ✅ C'est l'outil dont j'ai besoin. (ne jamais répéter le de déjà remplacé par dont)
  • La ville que je viens... → ✅ La ville d'où je viens. (venir de + lieu demande d'où, pas que — ni dont, puisque ce de marque une origine physique)
  • Le jour que je suis né... → ✅ Le jour je suis né. (une expression de temps demande , pas que)

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  1. C'est le quartier ___ j'ai grandi. → (lieu, à partir de dans ce quartier)
  2. Voici le sac ___ j'ai envie. → dont (à partir de j'ai envie de ce sac)
  3. Je n'oublierai jamais l'été ___ nous avons voyagé ensemble. → (temps)
  4. C'est l'auteur ___ les romans sont traduits en dix langues. → dont (possession, à partir de les romans de cet auteur)
  5. Voilà le sujet ___ nous devons discuter. → dont (à partir de discuter de ce sujet)

Ce qu'il faut retenir

  • remplace une expression de lieu ou de temps (dans/sur/à/en + nom, ou un moment) — jamais quand.
  • Dont remplace un simple de + nom, quel que soit le rôle de cette phrase : possession, complément d'un verbe ou d'un adjectif en de.
  • Une fois dont utilisé, le de qu'il remplace ne réapparaît nulle part ailleurs dans la proposition.
  • Deux exceptions : un lieu d'origine physique demande d'où, pas dont (la ville d'où je viens) ; et dont ne peut pas remplacer un de caché dans une préposition plus longue comme à côté de ou au sujet de (là, duquel/de qui).