Elle a dit : « Je suis fatiguée. »Elle a dit qu'elle était fatiguée.

C'est le discours indirect : au lieu de citer les mots exacts de quelqu'un, la phrase les intègre dans une proposition introduite par un verbe introducteur et que. Pour bien le faire, trois choses se produisent en même temps — les pronoms et les possessifs s'adaptent pour désigner correctement les personnes concernées du point de vue de qui rapporte, le temps du verbe recule souvent d'un cran, et quelques mots de temps et de lieu changent aussi.

En bref : verbe introducteur + que + proposition. Si le verbe introducteur est au passé, le verbe rapporté recule généralement d'un cran (présent → imparfait, passé composé → plus-que-parfait, futur simple → conditionnel présent). Si le verbe introducteur est au présent, rien ne change.

La structure de base

Une citation directe devient une affirmation indirecte avec un verbe introducteur (dire, expliquer, répondre, ajouter, annoncer, penser...) suivi de que et d'une proposition tout à fait normale — sans guillemets, sans deux-points :

  • Il dit : « Je pars demain. »Il dit qu'il part demain.
  • Elle a répondu : « Je ne sais pas. »Elle a répondu qu'elle ne savait pas.

Que n'est jamais facultatif ici, contrairement à l'anglais, qui peut omettre « that » : ✅ *Il dit **qu'*il est content, jamais ❌ Il dit il est content.

Les pronoms et les possessifs suivent le point de vue de qui rapporte

Une citation à la première personne devient généralement une troisième personne une fois intégrée dans la phrase de quelqu'un d'autre, parce que celui qui rapporte parle de la personne qui a parlé à l'origine plutôt que de l'être lui-même — jeil/elle, mon/ma/messon/sa/ses. Le pronom exact dépend à chaque fois de qui est réellement désigné et du point de vue depuis lequel la phrase rapportée est énoncée, pas d'une formule fixe je → il/elle :

  • Marie : « Je vais chercher mon frère. »Marie a dit qu'elle allait chercher son frère.
  • Paul : « Tu as oublié tes clés. » (à moi) → Paul m'a dit que j'avais oublié mes clés.

Le recul du temps : la concordance des temps

Quand le verbe introducteur (dire, expliquer...) est lui-même à un temps du passé, le temps de la proposition en que recule généralement d'un cran :

Discours direct Discours indirect (après un verbe introducteur au passé)
présent imparfait
passé composé plus-que-parfait
futur simple conditionnel présent
imparfait imparfait (pas de changement)
  • Il a dit : « Je travaille. »Il a dit qu'il travaillait. (présent → imparfait)
  • Elle a dit : « J'ai fini. »Elle a dit qu'elle avait fini. (passé composé → plus-que-parfait)
  • Ils ont dit : « Nous viendrons. »Ils ont dit qu'ils viendraient. (futur simple → conditionnel présent)
  • Tu as dit : « J'étais malade. »Tu as dit que tu étais malade. (l'imparfait reste imparfait — c'est déjà le temps de « fond »)

Ce conditionnel présent du discours indirect est la même forme que celle enseignée dans Conditionnel présent — ici, il n'a rien d'hypothétique : c'est simplement ce que devient un futur simple une fois rapporté depuis un point de vue passé.

Ce recul est la tendance habituelle, pas une règle mécanique automatique : il s'applique quand l'affirmation est présentée comme ancrée au moment où elle a été dite. Si ce qui a été dit reste vrai ou toujours valable au moment où on le rapporte, le temps d'origine peut rester : Il m'a dit qu'il est malade (il est peut-être encore malade en ce moment) est tout aussi correct que …qu'il était malade, selon ce que le locuteur veut dire.

L'anglais connaît exactement le même mécanisme : "I work" devient "he said he worked", et "I will come" devient "he said he would come" — la logique du recul d'un temps après un verbe introducteur au passé n'a donc rien de nouveau. La vraie difficulté n'est pas le principe lui-même, déjà familier, mais les correspondances précises entre chaque temps français, qui ne collent pas toujours terme à terme avec les leurs anglaises.

Pas de recul quand le verbe introducteur est au présent

Si le verbe introducteur est au présent (quelqu'un rapporte quelque chose à l'instant même, plutôt qu'une conversation antérieure), le verbe rapporté garde son temps d'origine — rien ne recule :

  • Il dit qu'il travaille. — le présent reste présent.
  • Elle dit qu'elle a fini. — le passé composé reste passé composé.
  • Ils disent qu'ils viendront. — le futur simple reste futur simple.

Un verbe introducteur au passé rend le recul possible en premier lieu — mais il ne l'impose pas, comme le montre la remarque ci-dessus : que le temps recule vraiment dépend de si l'affirmation reste d'actualité au moment où on la rapporte.

Les expressions de temps et de lieu changent aussi

Un mot comme aujourd'hui n'a de sens que depuis le moment où l'original a été prononcé. Une fois l'affirmation rapportée — surtout après un verbe introducteur au passé, quand le fait de rapporter se produit lui-même à un autre moment — plusieurs de ces expressions ont besoin de leur propre équivalent rapporté :

Discours direct Discours indirect (après un verbe introducteur au passé)
aujourd'hui ce jour-là
hier la veille
demain le lendemain
la semaine prochaine la semaine suivante
la semaine dernière la semaine précédente
maintenant à ce moment-là
ici
  • Il a dit : « Je pars demain. »Il a dit qu'il partait le lendemain.
  • Elle a dit : « J'étais malade hier. »Elle a dit qu'elle était malade la veille.

Comme pour le recul du temps, ces changements s'appliquent une fois que le fait de rapporter est ancré à un autre moment que la citation d'origine — un rapport au présent de quelque chose qui vient d'être dit dans la même conversation (Il dit qu'il part demain — il le dit aujourd'hui, à propos du même lendemain) n'en a pas besoin.

Erreurs courantes

  • Il dit il est fatigué. → ✅ Il dit qu'il est fatigué. (que ne s'omet jamais)
  • Elle a dit qu'elle est malade. → ✅ Elle a dit qu'elle était malade. (la forme habituelle après un verbe introducteur au passé, sauf si la maladie est censée être toujours d'actualité)
  • Il a dit qu'il partait demain. → ✅ Il a dit qu'il partait le lendemain. (dès que le point de repère change avec un verbe introducteur au passé, le mot de temps doit généralement changer lui aussi, pas seulement le temps du verbe)
  • Elle a dit : « Je vais bien. » rapporté par Elle a dit que je vais bien. → ✅ Elle a dit qu'elle allait bien. (le pronom doit correspondre à la personne dont on parle réellement)

Vérifiez vos connaissances

Afficher les réponses
  1. Il a dit : « Je suis content. »Il a dit qu'____.il était content
  2. Elle a dit : « J'ai vu ce film hier. »Elle a dit qu'elle ____ ce film ____.avait vu / la veille
  3. Ils ont dit : « Nous partirons demain. »Ils ont dit qu'ils ____ ____.partiraient / le lendemain
  4. (Vrai ou faux) Après un verbe introducteur au passé, le temps du verbe rapporté change toujours, sans exception.Faux — s'il reste vrai au moment où on le rapporte, on peut garder le temps d'origine (Il m'a dit qu'il est malade).
  5. Marie : « Je vais chercher mon frère. »Marie a dit qu'____ allait chercher ____ frère.elle / son

À retenir

  • Le discours indirect supprime les guillemets et les deux-points, et introduit la citation avec un verbe introducteur + que, qui ne peut jamais être omis.
  • Les pronoms et les possessifs changent pour correspondre à qui on parle réellement, pas à qui parlait à l'origine.
  • Si le verbe introducteur est au passé, le verbe rapporté recule généralement d'un cran : présent → imparfait, passé composé → plus-que-parfait, futur simple → conditionnel présent (l'imparfait reste imparfait) — sauf si l'affirmation reste vraie ou d'actualité au moment où on la rapporte, auquel cas le temps d'origine reste.
  • Si le verbe introducteur est au présent, le verbe rapporté garde son temps d'origine.
  • Les mots de temps et de lieu comme aujourd'hui, hier, demain et ici deviennent ce jour-là, la veille, le lendemain et une fois que le fait de rapporter est ancré à un autre moment que la citation d'origine.