Quand j'étais petit, je jouais dans le jardin.

L'imparfait est un temps du passé pour les habitudes, les descriptions et les situations de fond — pas les événements ponctuels et terminés. Il répond à « comment c'était » ou « ce qui se passait d'habitude », plutôt qu'à « ce qui s'est passé ensuite ».

En bref : on prend la forme nous du présent, on enlève -ons, et on ajoute les terminaisons de l'imparfait : nous parlonsje parlais, tu parlais, il parlait, nous parlions, vous parliez, ils parlaient.

Former l'imparfait

Presque tous les verbes français — réguliers ou irréguliers — forment leur imparfait de la même façon : on prend la forme nous du présent, on enlève -ons, puis on ajoute ces terminaisons :

Sujet Terminaison parler (nous parlons) finir (nous finissons)
je -ais parlais finissais
tu -ais parlais finissais
il / elle / on -ait parlait finissait
nous -ions parlions finissions
vous -iez parliez finissiez
ils / elles -aient parlaient finissaient

Comme le radical vient de la forme nous, même les verbes irréguliers au présent — faire (nous faisonsje faisais), prendre (nous prenonsje prenais), boire (nous buvonsje buvais) — suivent exactement le même schéma.

La seule véritable exception : être

Être est le seul verbe dont l'imparfait ne vient pas de sa forme nous. Il utilise le radical irrégulier ét- :

Sujet être
j' étais
tu étais
il / elle / on était
nous étions
vous étiez
ils / elles étaient
  • J'étais fatigué.   Elle était contente.   Nous étions en vacances.

Orthographe : manger et commencer

Pour les verbes en -ger et -cer, les mêmes ajustements orthographiques qu'au présent se retrouvent — mais seulement là où la terminaison commence par a :

  • manger : je mangeais, tu mangeais, il mangeait, ils mangeaient (le e garde le g doux) — mais nous mangions, vous mangiez (pas besoin du e en plus : le i adoucit déjà le g)
  • commencer : je commençais, il commençait, ils commençaient (la cédille garde le c doux) — mais nous commencions, vous commenciez (pas besoin de cédille devant i)

Utiliser l'imparfait : les habitudes

On l'utilise pour ce qui se passait régulièrement ou de façon répétée dans le passé — souvent traduit en anglais par used to ou would :

  • Quand j'étais enfant, je mangeais beaucoup de bonbons.
  • Tous les étés, nous allions à la mer.
  • Il jouait au foot le samedi.

Utiliser l'imparfait : descriptions et états

On l'utilise pour décrire comment étaient les choses — apparence, sentiments, météo, âge, opinions — vues de l'intérieur, sans mettre l'accent sur leur début ou leur fin :

  • Le ciel était gris.
  • Elle avait dix ans.
  • Nous étions très heureux.
  • Il faisait froid ce jour-là.

Utiliser l'imparfait : le fond et les actions interrompues

L'imparfait peint la toile de fond ; un événement unique et terminé — généralement au passé composé — est ce qui se produit sur ce fond :

  • Je regardais la télé quand le téléphone a sonné.
  • Elle dormait quand je suis rentré.
  • Il pleuvait quand nous sommes sortis.

Deux propositions à l'imparfait peuvent aussi décrire deux choses qui se passent en même temps, toutes deux en arrière-plan :

  • Pendant que je lisais, il cuisinait.

L'anglais répartit ce que fait l'imparfait entre plusieurs constructions différentes : used to / would pour l'habitude (I used to play in the garden), le past continuous pour le fond (I was watching TV), et parfois le simple past pour une description d'état (The sky was grey). Le français, lui, réunit ces trois emplois — habitude, description, fond — dans un seul et même temps : l'imparfait.

Le choix entre l'imparfait et le passé composé pour une phrase donnée a ses propres règles et son propre article — pour l'instant, retenez le principe : l'imparfait plante le décor, le passé composé fait avancer l'histoire.

Erreurs courantes

  • Je parlerais pour une simple habitude passée → ✅ Je parlais (c'est le conditionnel, pas l'imparfait — ne confondez pas les terminaisons)
  • J'était → ✅ J'étais (la terminaison de je est -ais, pas -ait)
  • nous mangeions → ✅ nous mangions (pas de e en plus devant -ions : le i adoucit déjà le g)
  • Il a fait beau quand j'étais sorti pour une description de fond → ✅ Il faisait beau quand je suis sorti (météo/description = imparfait, l'événement unique = passé composé)

Vérifiez vos connaissances

Mettez le verbe entre parenthèses à l'imparfait.

  1. Quand j'____ (être) petit, j'____ (habiter) à Lyon.
  2. Tous les jours, elle ____ (prendre) le bus.
  3. Il ____ (faire) beau quand nous ____ (sortir, passé composé).
  4. (commencer) Nous ____ toujours à huit heures.
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  1. j'étais petit, j'habitais à Lyon   2. elle prenait le bus   3. il faisait beau quand nous sommes sortis   4. nous commencions toujours à huit heures

À retenir

  • Formé à partir du radical du présent à la forme nous (sans -ons) + -ais, -ais, -ait, -ions, -iez, -aient — le même schéma pour presque tous les verbes.
  • Être est la seule véritable exception, avec le radical irrégulier ét- : j'étais, tu étais, il était
  • Les verbes en -ger/-cer gardent leur ajustement orthographique (mangeais, commençais), sauf aux formes nous/vous, où il disparaît (mangions, commencions).
  • On l'utilise pour les habitudes passées, les descriptions et les états, ainsi que les situations de fond — pas pour des événements uniques et terminés.
  • Un imparfait de fond est souvent interrompu par un événement unique au passé composé : Je lisais quand il a appelé.